=============================================
Attention aux Spoils
Même si j'ai fait attention , il peut être préférable
d'avoir vu le film avant de lire ma critique
Même si j'ai fait attention , il peut être préférable
d'avoir vu le film avant de lire ma critique
=============================================
Musique à conseillée pendant la lecture de cette critique.
Musique à conseillée pendant la lecture de cette critique.
Habile ! C'est sans doute le mot qui décrit le mieux ce film lorsqu'il s'agit de traiter un personnage aussi trouble que fascinant. "Michael" trouve en effet l'astuce permettant de satisfaire tout le monde. En sortant de la salle, j'ai davantage eu le sentiment d'assister à un tour de passe-passe qu'à un véritable biopic. Vous êtes sur InfoDeGeeks et vous lisez la critique du film "Michael". Bonne dégustation !
Musique : C'est Michael Jackson. Donc c'est bien. Tout simplement. Et ne cherchez pas la moindre prise de risque, ce serait presque une faute de goût de la part des créateurs du film. Et croyez-moi, des fautes, il n'y en a pas beaucoup. Les morceaux s'enchaînent avec efficacité, les performances sont solides et l'ensemble fonctionne exactement comme prévu. Rien de révolutionnaire, mais difficile de faire la fine bouche face à un tel catalogue.
Les acteurs : Ils sont tous crédibles. Et le neveu de Michael Jackson est tout simplement parfait dans le rôle. Il joue bien, il chante bien, il danse bien. Il n'y a pratiquement rien à jeter. À certains moments, on finit même par se demander si le maquillage est réellement en train de faire tout le travail tant la transformation paraît naturelle. Le film réussit à faire oublier l'acteur pour laisser place au personnage, et c'est probablement son plus grand succès.
Du rêve à la réalité : Le principal problème qui m'a interloqué concerne tous ces petits instants présentés comme des vérités établies alors qu'ils relèvent davantage de théories plausibles, parfois contestées, parfois même démenties. Sans entrer dans les détails des procès, de toute façon soigneusement évités grâce à la période choisie par le scénario, je pense surtout à la question de la couleur de peau. Montrer le gant comme un moyen de dissimuler un vitiligo et présenter cela comme une certitude risque d'induire le spectateur en erreur lorsque l'on se souvient du manque de preuves entourant de nombreuses affirmations concernant la vie privée de l'artiste. Je pense également à ces moments où Michael semble devenir le Roi de la Pop presque par magie, comme s'il possédait une sorte de science infuse de la danse et du spectacle. Exit les heures, les jours, les mois et les années de travail. Ici, Michael n'est plus un perfectionniste obsessionnel ayant sacrifié des milliers d'heures à son art. C'est presque un prophète. Les idées lui viennent, les chorégraphies apparaissent et le génie semble couler de source. Plus étonnant encore, le traitement réservé au Mime Marceau, relégué au rang d'anecdote alors qu'il a pourtant occupé une des places les plus importantes de sa vie et dans sa construction artistique. (Sans lui, pas de Moonwalk !) Si l'on possède quelques connaissances sur le parcours du chanteur, en mettant de côté les polémiques qui continuent encore aujourd'hui d'alimenter les débats, il devient difficile de considérer ce film autrement que comme une succession de petits arrangements avec la réalité. Heureusement, la musique reste excellente.
Conclusion : Ce film est irréprochable. Non pas en tant qu'œuvre historique, mais en tant qu'exercice d'équilibriste. "Michael" jongle constamment entre plusieurs réalités, plusieurs interprétations et plusieurs vérités possibles. L'astuce consistant à arrêter le récit juste avant les procès est particulièrement habile pour deux raisons. D'abord parce qu'elle ouvre naturellement la porte à d'éventuelles suites, et donc à davantage de "blé". Ensuite parce qu'elle permet aux producteurs de gagner du temps avant d'aborder la partie la plus délicate de l'histoire du personnage. Et si le sujet devient trop compliqué ? Il suffira toujours de ne pas le traiter. Le tour de magie est donc visible. Quant au magicien, il apparaît pratiquement tout au long du film sous les traits d'un personnage presque providentiel = l'avocat John Branca. Pourtant, dans les faits, son rôle dans la carrière artistique de Michael Jackson n'était guère plus déterminant que celui de nombreux autres intervenants gravitant autour de la star. Dès lors, difficile de ne pas sourire lorsque l'on découvre dans les crédits la mention « Produit par John Branca ». On se retrouve alors face à un film qui n'hésite pas à embellir, simplifier ou réinterpréter certains éléments afin de construire une image aussi romantique qu'idyllique de son sujet. Après tout, il ne s'agit pas d'un documentaire, et les œuvres explorant les zones grises entourant les accusations visant Michael Jackson ne manquent pas. Mais une question demeure, à partir de quel moment la suspension volontaire d'incrédulité devient-elle problématique dans un biopic ? Et finalement, ne devenons-nous pas nous-mêmes complices de cette réécriture lorsque nous nous surprenons à chanter et à danser sur les chansons interprétées par le neveu de l'un des personnages les plus adulés et les plus controversés de notre époque ? La question reste ouverte. Au final, ce film ressemble peut-être davantage à Michael Jackson lui-même qu'il ne le souhaiterait. Un mélange de zones d'ombre, de récits contestés, de fascination et de divertissement. Derrière ce spectacle remarquablement maîtrisé subsistent des zones d'ombre que le film préfère contourner plutôt qu'affronter. Un choix finalement très fidèle au personnage qu'il prétend raconter.
Si vous avez aimé cet article , n'oubliez pas que vous pouvez me soutenir en laissant un pourboire sur Tipee : https://fr.tipeee.com/infodegeeks Par avance , merci !



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.